ALLIX Edgar
     I - Eléments biographiques II - Principaux apports III - Bibliographie sélective        

Introduction

1. Terminologie
2. Textes
3. Jurisprudence
4. Auteurs
5. Documents
6. Bibliographie


Fiches thématiques
Cours et TD
Actualité
Abréviations
Autres liens
Vos commentaires



Dernière mise à jour : 16/07/2008


 

 
I - éléments biographiques  
 


Né à Versailles, Seine-et-Oise, en 1874 ; mort à Paris, le 23 juin 1938.
Economiste et juriste français

Après son diplôme de l’École libre des Sciences politiques de Paris et ses licences ès lettres et en droit obtenus en 1896, Edgar Allix soutient en 1898 sa thèse de doctorat en droit (consacrée à L’œuvre économique de Karl Marlo (Karl Georg Winkellblech), Paris, Giard et Brière, 1898, 276 p.).

Agrégé des Facultés de droit pour les sciences économiques lors du concours de 1901, il devient professeur à la Faculté de droit de Dijon puis à la Faculté de droit de Caen (1902-1912). En 1912, il est nommé à la Faculté de droit de Paris.

Lors de la guerre de 1914, il est mobilisé comme lieutenant de réserve d’infanterie. En septembre 1915, il devient rapporteur d’un Conseil de guerre aux armées. En 1918, il est affecté au service des prisonniers de guerre, puis nommé substitut du rapporteur près du 6e conseil de guerre de la Seine. Enfin, en 1919, il est attaché au 4e bureau de l’Etat-major du groupe d’armées Fayolle, en territoire rhénan.

En 1920, il retrouve l’enseignement et la recherche à la Faculté de Droit de Paris. A partir de 1923, il est professeur de science des finances et de législation financière (doctorat). Puis en 1926, il devient titulaire de la chaire de science et législation financière et enseigne la législation fiscale, prenant la succession du professeur Henri Berthélemy, Il est élu doyen de la Faculté de Droit de Paris le 29 juin 1933 et prend ses fonctions lors de l’Assemblée du 28 octobre de cette même année. Réélu en 1936, il reste en fonction jusqu’à son décès en 1938.

A partir de 1920, il donne des conférences (4 à 6 par an) à l’École de Guerre navale et au Centre des Hautes Études navales. En 1923, il enseigne aussi en tant que professeur à l’École des Hautes Études commerciales et, à  partir de 1923, donne des conférences de préparation aux carrières diplomatiques.
Parallèlement à ses activités d’enseignant-chercheur, il est sollicité par le service de l’Etat. Ainsi de 1921 à janvier 1922, il est chef-adjoint du cabinet de P. Doumer, ministre des Finances. Il est membre de la Société d’Économie politique et de différents comités tels que celui des travaux historiques et scientifiques (section d’histoire contemporaine puis section des sciences économiques et sociales) et du Comité consultatif permanent de l’administration générale, départementale et communale du ministère de l’Intérieur. En 1924, il est le délégué français au Comité des experts pour l’élaboration du plan Daves, puis délégué français à la Commission chargée d’organiser le système des obligations de l’industrie allemande, prévues par le plan Daves.

Il est membre de l’Académie des sciences morales et politiques, où il est élu le 8 février 1936, dans la section Économie politique, Statistique et Finances, au fauteuil n° 4 laissé vacant par le décès d’Auguste Deschamps. [NB : cette notice doit beaucoup à la page consacrée au doyen Allix par l’Académie des sciences morales et politiques sur son site Internet].
 
II - Principaux apports à la science des finances  
 


Comme P. Leroy-Beaulieu, puis plus tard H. Laufenburger, Edgar Allix est un représentant de l’école économiste française des finances publiques. Ses conceptions fiscales sont celles d’un économiste classiquement libéral. Ce solide enseignant se manifeste notamment par son importante production écrite. Excellent vulgarisateur, il sait clarifier les distinctions notionnelles parfois obscures de cette discipline austère. Pour distinguer l’impôt direct de l’impôt indirect par exemple, il souligne que le premier permet de taxer le contribuable « à raison de ce que celui-ci possède » alors que le second taxe le contribuable « à raison de ce qu’il fait » (Traité élémentaire de science des finances et de la législation financière française, 1921, p. 374).
           
Sa très grande productivité ne lui a néanmoins pas permis de marquer la doctrine comme un Jèze à la même époque. Cela s’explique sans doute par son approche mêlant à la fois une optique juridique à une optique économique, dans un pays où la fiscalité a été développée distinctement contrairement aux pays étrangers où les économistes ont prévalu. Pourtant ses enseignements présentent quelques originalités que G. Sébastien a soulignées dans une contribution récente, notamment sa considération de l’impôt comme d’un moyen de réforme économique et sa défense du contribuable. Nous pouvons notamment relever sa définition économiciste de l’impôt, reprise de Cauwès, comme d’un « prélèvement que la souveraineté exige de l’individu, en vertu du principe de la solidarité nationale, pour subvenir aux dépenses d’intérêt général et aux charges résultant des dettes de l’Etat ». Cette définition n’a pas eu la même célébrité dans les Facultés de droit que celle de Gaston Jèze.

Pour un économiste libéral, il peut paraître logique de souligner les vertus –accompagnées de quelques défauts – de l’impôt unique ou du moins d’un système fiscal à impôt principal (notamment en terme de simplicité, un des critères d’Adam Smith). Mais il est assez surprenant de remarquer que c’est l’impôt sur le revenu moderne qu’il envisage, sans doute à la lumière des exemples anglo-saxon ou allemand, comme pouvant occuper ce rôle. Et il est encore plus original de constater qu’il met en valeur les qualités de justice fiscale de l’impôt progressif sur le revenu en justifiant ce point de vue par la théorie de l’égalité des sacrifices, plus adaptée à la personnalisation de l’impôt, qu’il prône, et dont la réforme Caillaux est un bon moyen à ses yeux.

           
Assez logiquement, pour un auteur qui met à la base de l’impôt la souveraineté de l’Etat et la solidarité nationale, la théorie de l’impôt-échange, comme celle du contrat social qui la fonde, sont rejetées par le doyen Allix. Sa défense du contribuable contre « L’inquisition fiscale » (article à la Revue politique et parlementaire, 1922) est quant à elle plus classique mais nous avons vu qu’elle n’a pas abouti, contrairement à beaucoup de parlementaires au XIXe et au début du XXe siècle, à une opposition à l’impôt progressif sur le revenu, ce qui est assez original. Il ne défend pas non plus la fraude fiscale bien qu’il en trouve la source dans la complexité et le caractère vexatoire du système fiscal. Qui plus est, E. Allix présente la particularité de s’intéresser, au-delà du contribuable national, au sort des étrangers (cf. son cours à l’Académie de droit international de La Haye en 1937), qui risquent de subir une double imposition en étant taxés dans plusieurs pays à la fois, en fonction de leur nationalité et de leurs lieux d’activité économique.
 
 
III - Bibliographie sélective  
 


A- œuvres du doyen Allix

Ouvrages :

Allix (E.), Les impôts français, 1929, 2 vol.

  • Traité élémentaire de science des finances et de la législation financière française, 6e éd., Paris, Rousseau, 1931
  • Les droits de douane, Paris, 1932

- Etudes choisies d’économie politique et de finances, Paris, LGDJ, 1948
Allix (E.) et Lecerclé (M.), L’impôt sur le revenu. Impôts cédulaires et impôt général. Les nouvelles dispositions législatives, Paris, Rousseau, 1926, 2 vol.

  • La taxe sur le chiffre d’affaire, 1927
  • Les contributions indirectes, 3e éd., Paris, 1929-1930
  • Les droits d’enregistrement. Traité théorique et pratique, 1933

Articles :

Le doyen Allix a écrit plusieurs articles parus notamment dans la Revue d’histoire des doctrines économiques et sociales, la Revue politique et parlementaire et la Revue d’économie politique, dont :

  • "J-B Say et les origines de l'industrialisme," Revue d'économie politique, 1910, vol. XXIV, pp. 303-13 et 341-63.
  • "La rivalité entre la propriété foncière et la fortune mobilière sous la Révolution," Revue d'histoire économique et sociale, 6, 1913.
  • L’inquisition fiscale, Revue politique et parlementaire, 1922, p. 30.
  • La condition des étrangers au point de vue fiscal, Académie de droit international, Recueil des cours, Vol. 061, 1937, III, p. 540-636.

B- Ecrits relatifs au doyen Allix

Ouvrages :

  • Titres et travaux d’Edgar Allix, Paris, 1928.
  • Institut international de Finances publiques, Hommage de l’Institut international de Finances publiques à son fondateur Edgar Allix : impôts directs, impôts indirects, amortissement de la dette publique, Paris, Sirey, 1939, 288 p.
  • Notice sur la vie et les travaux de Edgar Allix (1874-1938), par É. Payen, Publications de l’Institut de France, 1945, n° 18, 28 p.

Articles :

  • Institut de France. Le second siècle, 1895-1995, t. I, sous la direction de Jean Leclant, Institut de France, 1999, p. 15-16.
  • Sébastien (G.), Edgar Allix, un réformateur méconnu, in Raimbault de Fontaine (S.) (dir.), Doctrines fiscales : à la redécouverte de grands classiques, Paris, L’Harmattan, coll. Finances publiques, 2007, pp. 41-59.