CONSTANT Benjamin Henri Constant de Rebecque dit
     I - Eléments biographiques II - Principaux apports III - Bibliographie sélective        

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Dernière mise à jour : 06/04/2006


 

 
I - éléments biographiques  
 


Né à Lausanne le 25 ocotbre 1767 – Mort à Paris le 8 décembre 1830

Homme politique et écrivain français

Il est le fils d’une famille de calvinistes vaudois. Après avoir étudié à Oxford, Erlangen et Edimbourg, il obtient une place de chambellan à la cour de Brusnwick (1788-1794). Lassé, il retourne à Lausanne où il fait la connaissance de Mme de Staël, fille du financier Necker, et la suit à Paris en 1795. Souhaitant obtenir la nationalité française, il publie plusieurs textes favorables au Directoire et soutient le coup d’Etat du général Napoléon Bonaparte (dont il a faillit devenir le secrétaire) en Brumaire. Il est ainsi nommé tribun, le 25 décembre 1799.

Loin de continuer à soutenir Bonaparte, il prend systématiquement position au tribunat contre les différentes mesures tendant à renforcer les pouvoirs de l’exécutif, c’est-à-dire le pouvoir personnel du Premier consul. Qui plus est il défend Mme de Staël, exilée par Bonaparte. Il est ainsi exclu avec 19 autres tribuns, le 17 janvier 1802.

Il rédige alors les éléments de sa doctrine du libéralisme qui deviendront, remaniés, les Principes de politiqueapplicable à tous les gouvernements, (1806). Retiré en Allemagne, il voir Napoléon chuter mais accepte lors des cents jours de rédiger L’acte additionnel aux constitutions de l’Empire.

Journaliste et député de la Sarthe (1919) puis de Paris (1824) sous la Restauration, il dirige l’opposition libérale. Il meurt peu après la chute de Charles X en 1830.

Il est un des auteurs classiques du libéralisme politique.

(Cette biographie s’inspire très largement de la notice rédigée par A. Fierro in A. Fierro, A. Palluel-Guillard et J. Tulard, l’Histoire et dictionnaire du Consulat et de l’Empire, Paris, Robert Laffont, Bouquins, 1995, pp. 654-655)

 
II - Principaux apports à la science des finances  
 


Sa contribution aux préventions anti-fiscales ne sont pas d’une grande originalité. Il ne se distingue pas en cela de la tradition des économistes politiques français libéraux du XIX e siècle (de J.-B. Say à P. Leroy-Beaulieu, en passant par F. Bastiat). Sur ce plan, il est d’une grande logique : libéral politique, il l’est aussi en matière économique.

Son libéralisme, et sa défense du parlementarisme, l’amène à proposer à la Chambre l’immixtion des parlementaires dans la préparation du budget. Il suscite ainsi l’opposition de Chateaubriand plus attaché aux prérogatives gouvernementales. Cette proposition de Constant est assez originale au regard de la solide tradition française en la matière (qui est de toute façon celles de l’ensemble des grandes démocraties parlementaires : Etats-Unis, Royaume-Uni). Son échec à promouvoir la « co-proposition » budgétaire a durablement renforcé les pouvoirs de l’exécutif. L’équilibre entre les pouvoirs du gouvernement et du parlement est toujours un objet de recherche, pas de découvertes. La LOLF de 2001 n’a pas révélé, à cet égard, de panacée.

Il est l’auteur d’un célèbre discours parlementaire qui a contribué à l’adoption en France du principe de spécialité budgétaire, opposé au système de l’abonnement, en vigueur notamment sous le régime napoléonien :

"Nos adversaires prétendent que nous voulons l’absurde et, par conséquent, ils ont grand avantage à raisonner contre nous. Ils prétendent que nous voulons pousser la spécialité hors des bornes raisonnables, entraver le gouvernement ; mais, Messieurs, nul ne nous n’a cette intention. Nous voulons une spécialité légale, d’une exécution raisonnable et possible. Sans elle, vous n’établirez jamais d’ordre dans vos finances;  sans elle, vous ne connaîtrez jamais l’emploi des deniers publics ; sans elle, des dépenses que vous aurez créées, Messieurs, et que vous aurez unanimement votées ne seront pas faites, et d’autres que vous aurez crues inutiles, que vous aurez rejetées seront continuées. Sans la spécialité, Messieurs, vous aurez voté des fonds pour une armée et l’on vous donnera un immense état-major ; sans elle, vous aurez voté des fonds pour des curés et des succursalistes et vous aurez des évêques ; sans elle, quand vous aurez voté des fonds pour des employés, on augmentera les traitements des chefs et des directeurs généraux ; quand vous aurez voté, enfin, le nécessaire, on l’emploiera pour le superflu".

Intervention à la Chambre de député, 30 juin 1820
Reproduit in G. Orsoni, Principe et techniques budgétaires,
Documents d’études n°5-02, La documentation française, 1992, p.28

 
 
III - Bibliographie sélective  
 


A- œuvres de B. Constant

Principes de politique applicable à tous les gouvernements, (1806), éd. de E. Hoffmann, Genève, Droz, 1980, 2 vol. (Le passage sur l’impôt « infailliblement nuisible » est reproduit in Laurent (A.) et Reichman (C. ) (dir.), Théories contre l’impôt, Paris, Les belles lettres, 2000, pp.39-42.)
B- Ecrits relatifs à B. Constant

Ouvrages :

Bottin ( M.), Histoire des Finances publiques, Paris, Economica, Poche, Finances publiques, n°3, 1997, p.70.

Articles :

Gauchet ( M.), Benjamin Constant, Principes de politique applicable à tous les gouvernements, 1806, in Châtelet (F. ), Duhamel (O.) et Pisier (E. ) (dir.) ,Dictionnaire des Œuvres politiques, 3 e éd., Paris, PUF, 1995, pp.268-283.

Raynaud ( Ph.), Un romantique libéral : Benjamin Constant, Esprit, mars 1983, pp.49-66.