GAUDIN Martin Charles, duc de Gaète
     I - Eléments biographiques II - Principaux apports III - Bibliographie sélective        

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Dernière mise à jour : 06/04/2006


 

 
I - éléments biographiques  
 


Né à Saint-Denis le 16 janvier 1756 - mort à Gennevilliers le 5 novembre 1841

Financier et homme politique français

Comme son collègue Nicolas Mollien, Martin Gaudin a appartenu à l’administration des finances de l’Ancien Régime (plus exactement l’administration du vingtième où il est entré en 1773). Comme ses collègues, son expertise est recherchée par la République qui en fait un des six commissaires à la Trésorerie nationale, chargés d’assurer la transition fiscale entre l’Ancien et le Nouveau Régime. S’il ne peut sauver les fermiers généraux, il évite aux 48 receveurs généraux d’Ancien Régime de comparaître devant le Tribunal révolutionnaire.

Démissionnaire en juin 1795, il refuse les Finances proposées par le Directoire. Trois ans plus tard, il prend le poste d’intendant général des Postes (avril 1798).

A la demande de Bonaparte, il accepte de revenir aux Finances. Il reste ministre des Finances du coup d’Etat de 1799 (18 brumaire, an VIII) jusqu’à 1814 (et comme son collègue Nicolas Mollien, durant les « Cents-Jours »). Ses qualités lui valent de nombreuses récompenses. En 1808, il devient comte d’Empire (comme son collègue Mollien qu’il avait appelé à la direction de la Caisse d’amortissement créée le 27 novembre 1799 et dont Napoléon avait fait son ministre du Trésor public en 1806). L’année suivant il est fait duc de Gaète. Enfin il est pair durant les « Cents-Jours ».

Refusant les emplois proposés pendant la première, la seconde restauration et la Monarchie de Juillet (A. Fierro souligne sa fidélité), il est cependant gouverneur de la Banque de France (1820-1834) qui est un organisme alors privé.
 
II - Principaux apports à la science des finances  
 


En restructurant l’administration financière il a puissamment contribué à forger la distinction entre les impositions directes et les impositions indirectes, classification classique qui a survécu jusqu’au XX e siècle et qui marque encore les esprits.

Il réorganise les Finances par la création de la Direction des contributions directes (Loi du 3 Frimaire an VIII, 24 novembre 1799) dont l’efficacité assure 400 millions de recettes annuelles au budget de l’Etat. Chargée du recouvrement des impôts directs, elle établie les matrices des rôles d’imposition. Cette recentralisation administrative de la perception des impôts assure l’efficacité que la gestion révolutionnaire du recouvrement (par des élus sans intérêt personnel à voir l’argent rentrer dans la caisse) n’avait pas permis d’atteindre. De même les adjudicataires du recouvrement sont remplacé par des percepteurs (loi du 7 Ventôse an X, 26 février 1802).

De la même façon, les impôts indirects sont rassemblés dans la nouvelle Régie des droits réunis, dont les recettes dépassent celles de la Direction des contributions directes.

Enfin, il crée le cadastre général des propriétés foncières. La contribution foncière posait alors beaucoup de problèmes en terme de justice dans sa répartition. Gaudin confie l’étude de la mise en place d’un cadastre des propriétés à une commission réunie le 11 Messidor an X. celle-ci, face à l’impossibilité de réaliser cette tâche parcelle par parcelle, lui suggère de tirer au sort 1915 communes afin d’y entamer une procédure plus rapidement utilisable par l’administration fiscale. Elle est reprise par loin du 15 septembre 1807.Une surtaxe sur la Contribution foncière finance l’opération qui ne s’achèvera qu’en 1850. Chaque parcelle est référencée par type de culture, avec, au maximum, cinq classes. « Un tarif des évaluations fixe le revenu net imposable pour chaque commune, dans laquelle est ouverte un grand livre où figure par ordre alphabétique, le nom des propriétaires avec l’énumération des parcelles possédées (c’est la matrice cadastrale) » (Neurisse, pp. 54-55).

La réorganisation financière de l’Empire a cependant eu des limites. Comme le souligne M. Bottin, bien qu’il souhaitait réunir les Douane et l’Enregistrement sous la nouvelle Régie des droits réunis, Napoléon dû renoncer à en faire l’unique administration des droits indirects (p. 49). De même Gaudin, comme Mollien, quoique issus tous deux des corps de financiers de l’Ancien Régime, ne parvinrent pas « vraiment à imposer leur autorité aux directions des régies financières – douanes, enregistrement, droits réunis – toutes héritières à des degrés divers de fortes traditions administratives » (p. 54).

Plus qu’un théoricien, Martin Gaudin a surtout été un praticien des Finances publiques, apportant sa solide expérience et sa sûreté de jugement à l’œuvre de réorganisation de la période napoléonienne. A. Fierro considère que « honnête, travailleur, dévoué mais sans génie, Gaudin convenait bien à l’Empereur, qui savait compter sur son obéissance ». Il rapporte les propos d’exil de ce dernier : « Tout ce qu’il est possible de faire en peu de jours pour détruire les abus d’un régime vicieux et remettre en honneur les principes du crédit et de la modération, le ministre Gaudin le fit. C’était un administrateur de probité et d’ordre qui savait se rendre agréable à ses subordonnés, marchant doucement mais sûrement. Tout ce qu’il fit et proposa dans ses premiers moments, il l’a maintenu et perfectionné pendant quinze années d’une sage administration. Jamais il n’est revenu sur aucune mesure, parce que ses connaissances étaient positives et le fruit d’une longue expérience ».
 
 
III - Bibliographie sélective  
 


A- œuvres de M. Gaudin

- Mémoires, souvenirs, opinions et écrits , 1826

B- Ecrits relatifs à M. Gaudin

Il est mentionné dans tous les dictionnaires napoléoniens qui ne sont pas exclusivement centrés sur l’aspect militaire de l’Empire. Ainsi, par exemple, par A. Fierro, A. Palluel-Guillard et J. Tulard, l’Histoire et dictionnaire du Consulat et de l’Empire, Paris, Robert Laffont, Bouquins, 1995, 1350 p., dont la notice biographique relative à Gaudin (dans la partie écrite par A. Fierro) nous a directement et très largement inspirée.

Ardant ( G.), Histoire de l’impôt, vol. 2, Paris, Fayard, 1972, pp.192-226.

Bottin ( M.), Histoire des Finances publiques, Paris, Economica, Poche, Finances publiques, n°3, 1997, pp.48-55.

Latour ( Fr.), Le grand argentier de Napoléon, 1962

Marion ( M. ), Histoire financière de la France depuis 1715. tome IV – 1797-1818. La fin de la révolution. Le Consulat et l’Empire. La libération du territoire, Paris, Rousseau, 1925, 429 p.

Neurisse ( A.), Histoire de la Fiscalité en France, Paris, Economica, Poche, Finances publiques, n°3, 1997, pp.53-59.

Stourm ( R.), Histoire financière du Consulat, 1902