Giscard D'Estaing Valéry
     I - Eléments biographiques II - Principaux apports III - Bibliographie sélective        

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Dernière mise à jour : 22/12/2005


 

 
I - éléments biographiques  
 


Né à Coblence (Allemagne) en 1926
Homme d’Etat français

Issu de deux familles de la bonne société républicaine (Bardoux par sa mère, fille d’un sénateur, et Giscard, devenu Giscard D’Estaing, par son père), V. Giscard D’Estaing commence très tôt la « carrière des honneurs » pendant la IV e République. Polytechnicien, il devient inspecteur des finances à sa sortie de l’ENA en 1954.

Membre de cabinets ministériels, il est élu député du centre national des indépendants et paysans en 1956 dans le sillage d’A. Pinay dont il a dirigé le cabinet. A la démission de celui-ci du gouvernement Pompidou, il est nommé secrétaire d’État aux finances (1959-1962) puis ministre des Finances et des Affaires économiques (1962-1966). Il fut l’instigateur du plan de stabilisation de 1963 (restriction des crédits, blocage des prix, contrôle des changes) destiné à enrayer l’inflation. En 1966, il fonde la fédération nationale des républicains indépendants dont il est le président jusqu’en 1974. Il se singularise progressivement de son allié gaulliste et contribue à l’échec du général de Gaulle en 1969. De nouveau ministre de l’économie et des finances sous la présidence Pompidou (1969-1974), il marque durablement la politique financière de la France.

Il succède à G. Pompidou et devient président de la République de1974 à1981.

Après son échec aux présidentielles de 1981, il est réélu député puis président du Conseil régional d’Auvergne (1986-2004) et prend la tête de l’UDF (1988-1993), créée à son initiative en 1978 pour regrouper la droite non gaulliste. Depuis 2004, il est membre effectif bien que peu assidu du Conseil constitutionnel. Ayant renoncé à se représenter à l’Assemblée nationale au profit de son fils Louis-Joachim et après son échec aux élections régionales de 2004, ses responsabilités se limitent désormais à la juridiction constitutionnelle française où il siège parfois. Il a présidé la convention rédactrice du projet de traité instituant une Constitution pour l’Union européenne, projet rejeté en France par le référendum du 29 mai 2005.
 
II - Principaux apports à la science des finances  
 


Le président Giscard D’Estaing a durablement marquée la politique économique et financière de la France. Pour des raisons pédagogiques nous distinguerons les éléments de sa politique économique de sa politique plus spécifiquement fiscale.

La politique économique

« Stop and go ». En tant que ministre des finances des présidents de Gaulle et Pompidou il mena les dernières politiques de type keynésienne en France. Il alterna en effet des phases de relance de la croissance (par diffusion de moyens de paiement dans le circuit économique : réduction des taux d’intérêt par la banque de France, distribution de subventions et d’allocations, augmentation de la dépense publique) et des phases de ralentissement (par réduction des moyens financiers : hausse des taux d’intérêt, accroissement des impôts, réduction des dépenses publiques, etc...). Cette politique dite de « stop and go », commença à montrer ses limites au cours de cette période de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix et se révéla complètement inefficace au cours des années soixante-dix. Le choc pétrolier de 1973 avait brisé le fragile cycle de croissance provoqué par la reconstruction européenne (sous la IV e République en France) et que les politiques keynésiennes de relance économique avaient permis de maintenir pendant plus de dix ans.

Alors qu’auparavant il s’agissait d’arbitrer de façon plus ou moins subtile entre une politique de relance en cas de croissance du chômage et une politique de restriction économique en cas d’inflation, cet arbitrage n’était plus possible en période de « stagflation » (qui joint à la fois une faible croissance, du chômage et de l’inflation). Les gouvernements Chirac et surtout Barre, sous la présidence de la République de M. Giscard, ont abandonné progressivement la politique économique dont il avait été le champion et cherchèrent à réorienter les outils économiques gouvernementaux. Si le gouvernement Chirac (1974-1976) tenta une des ultimes politiques de relance économique, son échec amena M. Barre à choisir de concentrer ses efforts sur la réduction de l’inflation. La croissance continue du chômage contribua à la défaite électorale du président de la République en 1981 et l’inflation ne fut finalement réduite qu’à compter du milieu des années 1980, sous les gouvernements de M. Mauroy. Les gouvernements socialistes maintinrent pour partie l’objectif de réduction de l’inflation afin de permettre certaines réformes structurelles de l’économie française déjà envisagées par M. Barre.

L’emprunt.  Voulant imiter son mentor M. Antoine Pinay, le futur président Giscard D’Estaing lança en 1973, alors qu’il était ministre des Finances du président Pompidou, un emprunt qui se révéla des plus ruineux pour la France. Etant incapable d’envisager la réduction considérable de l’inflation ainsi que l’envolée du cours de l’or, l’emprunt dit « Giscard » fut émis pour quinze ans au taux de 7% mais avec une indexation sur le prix de l’or. Quinze ans plus tard, en 1988, l’inflation, qui, à la fin des années 1970 et au début des années 1980 atteignait un taux à deux chiffres, était réduite à 2 ou 3 %. La crise économique aidant, le rôle traditionnel de valeur refuge de l’or avait provoqué la flambée de son cours. Si bien que l’État, pour un emprunt initial de 7,5 milliards de francs, dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs (13,7 milliards d’euros). Les trois dévaluations du franc étant loin de compenser cette perte pour les finances publiques. La technique d’indexation fut désormais abandonnée pour les emprunts publics.

Quant au gouvernement de M. Barre, soucieux de préserver les moyens d’action économique de l’État et de lutter contre l’inflation, il contînt les dépenses publiques pendant les années 1976-1981 en limitant le recours à l’emprunt. Le niveau d’endettement de la France était ainsi très bas au début des années 1980. Il augmenta très fortement sous le gouvernement Mauroy (ce qui permis de financer les nationalisations, l’augmentation des revenus et des différents moyens de relance économique, laquelle se révéla finalement inefficace). Il en allât de même sous les gouvernements Balladur et Juppé de 1993 à 1997.

La politique fiscale

La réforme Caillaux avait permis l’adoption de l’impôt sur le revenu en France. La réforme de 1949 l’avait complété en opérant la fusion de l’impôt cédulaire et de l’impôt synthétique ainsi qu’en introduisant l’impôt sur les sociétés (IS).

C’est essentiellement sur cet impôt sur le revenu que Giscard D’Estaing mena une politique continue. Il est à ce sujet l’un des rares hommes politiques a avoir poursuivi de façon régulière un objectif fiscal précis. Il a en effet procédé à l’élargissement continu de l’assiette de l’impôt sur le revenu (par adjonction de différents types de revenu qui n’y figuraient pas à l’origine) tout en cherchant à en réduire le nombre et les montants des tranches. En somme, il a cherché à assurer la meilleure assise possible à cet impôt tout en maintenant la part (très faible) de cet impôt dans les recettes publiques. Il est également à l’origine de la création de « l’avoir fiscal », technique désormais supprimée et remplacée. Elle permettait de limiter la double imposition (une première fois au titre de l’IS puis une second eau titre de l’IR) dont étaient l’objet les revenus des actions.

La réforme des impôts locaux consista, pour l’essentiel, dans le remplacement de la patente par la taxe professionnelle sous le gouvernement de M. Chirac (1974-1976). Conçue dans la foulée de la période de croissance économique, elle a eu pour conséquence de pénaliser l’emploi puisqu’elle était d’autant plus lourde que l’entreprise employait plus de salariés : les entreprises procédèrent en effet à un remplacement de la main-d’œuvre par des machines ; conséquence d’autant plus négative que le chômage atteint des sommets. Cette taxe a été réformée par le gouvernement Jospin qui a substitué à sa part salariale une dotation de l’État aux collectivités locales.
 
 
III - Bibliographie sélective  
 


A- œuvres du président Giscard

Contrairement à Raymond Barre, brillant économiste, universitaire et auteurs de manuels de référence (Economie politique, 2 vol., Puf, Thémis), le président Giscard D’Estaing n’a pas rédigé d’ouvrage centré sur les questions économique. Il est l’auteur d’une œuvre avant tout politique (et marginalement littéraire) composée pour l’essentiel des ouvrages suivants où les considérations économiques sont abordées dans un contexte plus large :

Démocratie française, Fayard, 1978, 191 p.

Deux français sur trois, Flammarion, 1984, 266 p.

Mémoires Le pouvoir et la vie, 2 vol. (1. La rencontre, 2. L’affrontement), 1988 et 1991.

Les enjeux de la présidentielle, 1995.

Les français, réflexion sur le destin d’un peuple, 2001, 347 p.

Le Passage, roman , Robert Laffont, 1994, 231 p.

B- Ecrits relatifs au président Giscard

Delorme (G.), De Rivoli à Bercy, souvenirs d’un inspecteur des finances, 1952-1998, préface de V. Giscard D’Estaing, Paris, CHEFF, 2000, 390 p. (Souvenirs des réformes fiscales d’un membre des cabinets du président Giscard D’Estaing et de J.-P. Fourcade, ministres des finances)

Nizet (J.-Y. ), Fiscalité, économie et politique. L’impôt en France. 1945-1990, Paris, LGDJ, 1991, 636 p. (Consulter notamment les 3 e et 4 e partie intitulées respectivement « La V e République sous Charles de Gaulle », p.145-272, et « L’héritage du gaullisme et la dérive libérale (1969-1981) », pp.273-389)

Tournié (G.), La politique fiscale sous la 5 e République. Introduction à l’étude du système fiscal français, Toulouse, Privat, Societas, 1985, pp. 17-18.