MOLLIEN François Nicolas, comte
     I - Eléments biographiques II - Principaux apports III - Bibliographie sélective        

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Dernière mise à jour : 06/04/2006


 

 
I - éléments biographiques  
 


Né à Rouen le 28 février 1758 – Mort à Paris le 20 avril 1850

Financier et homme politique français

Fils d’un commerçant aisé (son père est passementier) il s’intéresse rapidement au commerce et à l’économie. Entré cinq ans après Martin Gaudin dans l’administration financière de l’Ancien Régime (la Ferme générale en 1778, puis le contrôle général des Finances). Ses liens avec Lavoisier lui feront risquer le même sort que celui de ce savant célèbre mais alors inutile.

En 1792 il reprend une activité privée (une filature de coton) et, six ans plus tard, il s’initie à l’économie et aux affaires monétaires anglaise lors d’un séjour outre-Manche.

Devenu le ministre des finances de Bonaparte, Martin Gaudin, son ancien collègue et ami, lui confie la direction de la Caisse d’amortissement tout juste créée (27 novembre 1799). Il y démontre sa compétence en matière de finances et de monnaie et le premier consul en fait son conseiller sur ces matières. Nommé au Conseil d’Etat, il est appelé comme Ministre du Trésor public sous l’Empire (le 27 janvier 1806), poste qu’il occupe jusqu’en 1814 et de mars à juin 1815 (pendant « les Cents-Jours »). En 1808 il est fait compte d’Empire.

Après la chute de l’empereur, il est fait pair de France sous la Restauration en 1819 et préside la commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations.

Il vit assez vieux pour que, dernier ministre survivant de l’Empire, Napoléon le neveu, alors prince-président, le visite avant de donner son nom à l’un des pavillons du Louvre nouvellement étendu.
 
II - Principaux apports à la science des finances  
 


Comme Gaudin, Mollien est un héritier de l’administration financière de l’Ancien Régime et, sur la base de son expérience professionnelle, a procédé à la réorganisation des structures financières de la France pendant la période de l’Empire.

A. Fierro lui attribue la création, par une loi du 16 septembre 1807, de la Cour des comptes. Jacques Magnet ne le mentionne pas (La cour des comptes, 5 e éd., Berger-Levrault, 2001, p. 36). Il est vrai que la loi a été présentée au Corps législatif, au nom du gouvernement, par le conseiller d’Etat Defermon (et au nom du Tribunat par Gillet- La Jacqueminière), et que la Cour a été installée par l’architrésorier d’Empire et ancien consul, Lebrun, au siège de l’ancienne chambre des comptes de Paris. Le premier président de la Cour fut celui que Mollien avait remplacé au ministère du Trésor à la suite de la crise financière de 1806 (affaire Ouvrard), Barbé-Marbois. Ses attributions correspondent dès lors à celles qui constituent encore aujourd’hui le centre de son champ de compétence (jugement des comptes des comptables principaux – mais pas des ordonnateurs – et présentation d’un rapport annuel à l’Empereur). Mollien en aura au moins accompagné les débuts pendant sept ans.

Réorganisateur du réseau des comptables du Trésor, on lui doit la création d’un compte courant réciproque entre le Trésor et les receveurs généraux. Qui plus est, sur le plan du recouvrement des impôts, la création par Gaudin de la direction des contributions directes permis à Mollien (grâce à la certitude nouvelle des rentrées fiscales assurée par l’établissement de rôles dans des délais jamais atteint jusqu’alors) d’organiser un système d’anticipation des recouvrements. Comme le souligne G. Ardant, à la lecture des mémoires de Mollien, cette anticipation prenait la forme de « rescriptions », qui, souscrites par les receveurs généraux, permettaient, par leur mobilisation, de fournir « les ressources de trésorerie indispensables. […] Cet ingénieux mécanisme permettant à la fois d’anticiper les recettes fiscales grâce aux engagements des comptables publics et d’améliorer les mouvements de fonds publics et privés. La rétablissement des cautionnements versés à une caisse de garantie permettait d’assurer le remboursement immédiat de ces soumissions en cas de défaillance d’un comptable » (Histoire de l’impôt, 2, p. 195).
 
 
III - Bibliographie sélective  
 


A- œuvres de N. Mollien

Mollien (F. N.), Mémoire d’un ministre du Trésor public. 1780-1815 , Paris, 1898, 2 vol. (il y commente son action financière)

B- Ecrits relatifs à N. Mollien

Comme son collègue Gaudin, il est mentionné dans tous les dictionnaires napoléoniens qui ne sont pas exclusivement centrés sur l’aspect militaire de l’Empire. Ainsi, par exemple, par A. Fierro, A. Palluel-Guillard et J. Tulard, l’Histoire et dictionnaire du Consulat et de l’Empire, Paris, Robert Laffont, Bouquins, 1995, 1350 p., dont la notice biographique relative à Mollien (dans la partie écrite par A. Fierro) nous a directement et très largement inspirée.

Ardant ( G.), Histoire de l’impôt, vol. 2, Paris, Fayard, 1972, pp.192-226.

Bottin ( M.), Histoire des Finances publiques, Paris, Economica, Poche, Finances publiques, n°3, 1997, pp.48-55.

Marion ( M. ), Histoire financière de la France depuis 1715. tome IV – 1797-1818. La fin de la révolution. Le Consulat et l’Empire. La libération du territoire, Paris, Rousseau, 1925, 429 p.

Stourm ( R.), Histoire financière du Consulat, 1902