PEACOCK Sir Alan T.
     I - Eléments biographiques II - Principaux apports III - Bibliographie sélective        

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Dernière mise à jour : 07/09/2008


 

 
I - éléments biographiques  
 


Né en 1922
Economiste universitaire britannique

Pendant la guerre, Alan Peacock sert dans la marine britannique. Diplômé de l’Université de St. Andrews en 1947, Alan Peacock est enseignant en économie de la London School of Economics de 1948 à 1956 avant d’être recruté à trente-quatre ans à la Chaire de science économique de l’Université d’Edimbourg. En 1962, il est invité à accepter la première nomination professorale de la toute nouvelle Université de York où il prend la tête d’un des départements d’économie les plus talentueux du Royaume-Uni. Encourageant la fondation d’une Université indépendante (c’est-à-dire privée), il rejoint en 1978 l’Université de Buckingham (The Independent University) en tant que Professeur d’économie et en devient vice-président. Ayant par la suite rejoint l’Université Heriot-Watt d’Edimbourg, il y prend sa retraite en 1984 et en devient professeur honoraire de Finances publiques.

Il a été expert pour de nombreux organismes internationaux comme les Nations unies, l’OCDE ou le Fonds monétaire international. Il a quitté brièvement l’Université de 1973 à 1976 pour occuper la place d’économiste en chef auprès du Département du commerce international et de l’Industrie (Department of Trade and Industry – DTI) du Gouvernement britannique. Il a présidé la Commission de financement de la BBC de 1985 à 1986 et du Conseil écossais des Arts (1986-1992). Il a été anobli pour service public en 1987. Membre de l’académie britannique depuis 1979, de la Royal Society d’Edimbourg depuis 1989 et de l’Académie italienne depuis 1996, il a été fait docteur honoris causa à 11 reprises. Enfin, il a été le président de l’Institut International des Finances publiques (IIPF) de 1965 à1968, dix ans avant son collègue et ami Jack Wiseman.
 
II - Principaux apports à la science des finances  
 


Collaborateur de Jack Wiseman mais aussi de Richard Musgrave (cf. Bibliographie), il est très proche de l’école du Choix Public (public choice) et fait partie des économistes néo-classiques défendant des idées libérales. Outre ses conseils dispensés aux politiques tories, il a collaboré avec l' « Institute of Economic Affairs ». Il a fondé le « David Hume Institute » à Edinbourg qu’il a présidé de 1985 à 1991. Parmi sa trentaine d’ouvrages et ses deux centaines d’articles, il faut particulièrement remarquer ses Classics in the Theory of Public Finance, publié en 1967 avec R. Musgrave et qui rassemble comme son titre l’indique les écrits des auteurs fondamentaux en Finances publiques, ainsi que l’ouvrage qu’il a publié avec Jack Wiseman, sur la basede leur analyse de longues séries statistiques des Finances publiques britanniques: The Growth of Public Expenditure in the United Kingdom (1961). Ils publient aussi en 1964 Education for Democrats dans lequel ils préconisent l’utilisation du système des « vouchers » (des « bons » permettant aux parents de financer l’école de leur choix). Ce système est appliqué aux Etats-Unis où il permet notamment de financer les écoles confessionnelles. Mais c’est surtout pour The Growth of Public Expenditure in the United Kingdom qu’ils sont célèbres.

L’analyse économique de l’accroissement des dépenses publiques

Depuis qu’elle a été formulée au XIXe siècle par Adolph Wagner, la « loi » de la croissance continue des dépenses publiques fait l’objet d’une attention continue de la part des économistes. C’est dans ce cadre qu’Alan Peacock et Jack Wiseman acceptent en 1953 de travailler sur les statistiques nationales anglaise des dépenses publiques entre 1890 et 1955, à la demande du Bureau national de la recherche économique. Se refusant à simplement publier lesdites statistiques, Peacock et Wiseman commencent à discuter ensemble des éléments explicatifs de ces séries statistiques. De ces échanges est issu leur célèbre ouvrage. Plutôt que de se concentrer sur des explications issues de l’analyse de la fiscalité – qui est alors au centre des Finances publiques – les deux auteurs se concentrent sur les dépenses publiques. Il formulent un « effet de déplacement » à la suite de l’observation que « bien que les dépenses publiques britanniques diminuent après la guerre, elles ne reviennent jamais au niveau qui était le leur avant-guerre et un phénomène similaire peut être observé dans les autres pays ayant connu une situation semblable » (1961, pp. 25-26). La société est toujours confrontée à « des divergences d’opinions continues entre l’idée qu’on se fait du niveau de dépenses publiques désirable et l’idée qu’on se fait des limites de l’impôt. Ces divergences sont réduites dans des hypothèses de bouleversement majeur comme les guerres mondiales. Ces bouleversements créent un effet de déplacement en conduisant les recettes et les dépenses publiques à de nouveau niveau. Après le bouleversement, de nouvelles conceptions du niveau acceptable d’imposition tolérable apparaissent et un nouveau niveau de dépenses publiques peut être atteint. » (p. XXIV). Peacock et Wiseman y ajoutent un concept complémentaire connu sous le nom de « processus de concentration » en soulignant « la pression en faveur du mouvement de prise de décision des dépenses publiques par les organes de gouvernement les plus élevés (et les plus larges) » (p. 29).

           
 
 
III - Bibliographie sélective  
 


Oeuvres de A. Peacock

Ouvrages :

Peacock (A. T.), Income Redistribution and Social Policy, Londres, J. Cape, 1954, 296 p.
Peacock (A. T.) et Wiseman (J.), The Growth of Public Expenditure in the United Kingdom, Princeton et Londres, Princeton University Press et Oxford University Press,1961 (2nd éd. 1967), XXXI-213 p.
Peacock (A. T.) et Wiseman (J.), Education for Democrats, Hobart Paper 25, Londres, George Alien and Unwin, 1964.
Peacock (A. T.) (dir.), Les Finances publiques, instrument de développement économique / Conférence préparée pour une session d'études organisée sous les auspices du programme de coopération technique de l'O.C.D.E., Université de York, 1-23 juillet 1964, Paris, OCDE, 1965, 123 p.
Musgrave (R. A.) et Peacock (A. T.) (dir.), Classics in the Theory of Public Finance, London, MacMillan, 1967,
Peacock (A. T.), Glennerster (H.) et Layers (R.), Educational finance, Edimbourg-Londres, Oluiver & Boyd, 1968, VII-82 p.

Peacock (A. T.), Quantitative analysis in public finance, New York, Praeger, 1969, XII-266p.
Peacock (A. T.) et Shaw (G. K.), The economic Theory of Fiscal Policy, [1971], 3e éd., Londres, G. Allen and Unwin, 1977, 192 p.
Greenaway (D.), Shaw (G. K.) et Peacock (A.T.) (dir.), Public Choice, Public Finance and Public Policy, Blackwell, 1985, 232 p.

Articles :

Peacock (A. T.), Revue de Sc. et de Législ. Financ., 1953, pp.418 s.
Peacock (A. T.) et Shaw (G. K.), Is fiscal policy dead ?, Banca Nazionale des Lavoro, Quartely Review, juin 1978, pp.107-122. Compte rendu in Lutfalla (M.), La politique budgétaire est-elle morte ?, Analyses de la SEIDEIS, octobre 1978, pp. 43 s.

Ouvrages relatifs à A. Peacock

Greenaway (D.) (dir.), Public Choice, Public Finance, and Public Policy: Essays in Honour of Alan Peacock, Blackwell, 1985.